Il existe une émotion presque universelle, silencieuse, persistante, parfois envahissante : la culpabilité des mères.
Elle s’invite dans les petites choses du quotidien comme dans les grandes décisions et murmure : tu pourrais faire mieux.
Tu la connais toi aussi, n’est-ce pas ?
Et que fais-tu dans ce cas là ?
Moi, j’ai donné un peu plus.
Tenu encore un peu.
Pratiqué des activités que je n’aimais pas.
J’ai mangé plus tard, veillé plus longtemps…
Et comme beaucoup de mamans, j’ai cru que ce comportement était normal.
Qu’il prouvait mon amour. Qu’il validait mes compétences de mère.
Mais…
Si ce n’était pas le cas ?
S’il existait une autre façon d’être une “bonne” mère… sans se punir soi-même ?
1. Pourquoi la culpabilité maternelle est si puissante ?
« La culpabilité dit : j’ai fait quelque chose de mal. La honte dit : je suis mauvais. » ~ Brené Brown
La maternité touche à quelque chose de profondément intime : l’amour, la transmission, la responsabilité d’un être humain en construction.
Dans cet espace, la barre intérieure monte très haut.
On veut être douce mais ferme.
Présente mais pas étouffante.
Patiente mais structurante.
Disponible mais équilibrée.
Autrement dit : parfaite… dans des injonctions souvent contradictoires.
Alors la culpabilité, cette boussole détraquée qui mène davantage au jugement qu’à l’ajustement, s’installe comme un réflexe et devient permanente, banalisée par la société.
Et plus on aime nos enfants, plus on est vulnérable.
2. Le piège invisible : confondre amour et sacrifice
« Aimer, c’est permettre à l’autre d’exister sans renoncer à soi. » ~ Jacques Salomé
Tu vas me dire que nos enfants dépendent énormément de nous … Et tu as raison.
Mais ils sont aussi appelés à devenir des adultes autonomes et indépendants ; un jour, ils devront vivre sans nous.
Seulement voilà : nous les aimons !
Nous voulons que “rien ne leur arrive”, qu’ils soient en sécurité, qu’ils ne manquent de rien, qu’ils soient heureux, en pleine forme, qu’ils réussissent leurs études, qu’ils aient un bel avenir…
Alors nous faisons quelque chose de très discret… et très répandu : nous minimisons nos besoins pour combler les leurs.
Nous ignorons notre fatigue pour diminuer la leur.
Nous repoussons nos émotions pour contenir les leurs.
Nous nous adaptons.
Nous nous effaçons.
Nous nous sacrifions.
Persuadées que c’est ça “aimer”…
3. Avec des conséquences bien réelles
« On ne peut pas donner ce que l’on ne se donne pas à soi-même. » ~ Christophe André
Plus ils grandissent, plus nos enfants désobéissent, rechignent, refusent.
Ils se mettent en colère, claquent les portes puis attendent de nous une disponibilité permanente, mais préfèrent qu’on les dépose un peu plus loin quand même.
Ils partent sans dire au revoir. Ne proposent pas leur aide. Ne demandent pas de nos nouvelles.
Nous devenons invisibles, inaudibles, aussi nécessaires et indispensables que la table de la cuisine mais … tout aussi peu dignes d’intérêt.
Et petit à petit, nous commençons à perdre patience, nous “explosons” plus facilement, nous ordonnons ou interdisons plus souvent.
Nous les jugeons ingrats, irresponsables, immatures et parfois même insupportables.
Mais est-ce vraiment le cas ?
Ou est-ce plutôt le reflet d’un déséquilibre profond dans la relation ?
4. Une prise de conscience qui change tout
« Le paradoxe curieux est que lorsque je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. » ~ Carl Rogers
Peut-être, oui. Peut-être qu’ils sont vraiment ingrats ou irresponsables.
Mais peut-être aussi que nous leur avons appris, avec insistance, que maman était là pour eux.
Toujours disponible. Toujours présente.
Plus souvent tournée vers eux que vers elle-même.
Peut-être qu’en fait, c’est nous qui avons oublié notre existence, nos besoins, nos envies.
Peut-être que nos enfants ne font que reproduire notre comportement quotidien vis à vis de nous même…
Et peut-être que notre culpabilité n’est pas une preuve que l’on fait mal, mais plutôt que l’on s’abandonne trop souvent.
5. Et si nous commencions par nous aimer ?
« Prendre soin de moi n’est pas un acte d’indulgence, c’est un acte de survie. » ~ Audre Lorde
Souviens toi que nos enfants apprennent par mimétisme : ils observent, analysent et recopient notre comportement.
Alors si nous voulons des enfants capables de nous voir, nous entendre, nous respecter et prendre soin des autres, comme d’eux-mêmes, il faut que nous le fassions d’abord.
C’est ce qu’on appelle l’amour de soi.
Et contrairement à ce que beaucoup de mamans pensent, ce n’est pas de l’égoïsme.
C’est une nécessité absolue !
Parce qu’une mère qui existe pour elle-même, est plus calme et confiante, capable de transmettre à son enfant des valeurs humaines solides et de le sécuriser suffisamment pour le rendre naturellement autonome.
Tout commence là.
6. En quoi Mam’Philae peut t’accompagner ?
Prendre conscience d’une difficulté est déjà un pas de géant.
Mais parvenir à sortir seule de cette spirale est très difficile.
Alors, si comme beaucoup de mamans, tu ressens ce décalage entre la mère que tu crois devoir être et celle que tu deviens, je t’invite à prendre rendez-vous avec moi pour un premier entretien gratuit.
Il ne s’agit pas de faire de toi une mère idéale, mais de t’apprendre à te connaître et à t’aimer d’abord pour t’aider à apaiser tes relations, poser tes limites et transmettre tes valeurs avec plus de confiance.
FAQ – Culpabilité des mères et amour de soi
Est-ce normal de ressentir souvent de la culpabilité en tant que mère ?
Oui. La culpabilité des mères est extrêmement fréquente. Elle apparaît souvent lorsque l’on se sent responsable du bien-être émotionnel de son enfant.
Elle devient problématique lorsqu’elle n’est plus ponctuelle mais constante, lorsqu’elle pousse à se sacrifier ou à s’auto-critiquer en permanence. À ce moment-là, elle n’aide plus à progresser : elle épuise.
Quelle est la différence entre culpabilité saine et culpabilité excessive ?
Une culpabilité saine permet de reconnaître une erreur et de réparer si nécessaire. Elle est temporaire.
Une culpabilité excessive devient une posture intérieure.
Elle conduit à penser que tout problème vient de soi, à se punir mentalement, à en faire toujours plus pour compenser. Elle ne s’apaise jamais vraiment.
Pourquoi ai-je l’impression que tout est toujours de ma faute ?
Beaucoup de mères portent une responsabilité émotionnelle très forte. Elles se sentent garantes de l’équilibre familial, du bonheur de leurs enfants, de l’ambiance à la maison.
À force, cette responsabilité peut se transformer en hyper-vigilance intérieure : chaque tension devient une preuve d’échec personnel. Ce mécanisme est courant… mais il n’est pas une fatalité.
Prendre soin de moi ne risque-t-il pas de rendre mes enfants plus exigeants ou égoïstes ?
Non. Les enfants apprennent principalement par observation.
Une mère qui s’autorise à exister, à se respecter et à poser des limites transmet un modèle d’équilibre. Elle montre que chaque personne a de la valeur, y compris elle-même.
C’est ainsi que l’on enseigne le respect…
Si je commence à moins me sacrifier, est-ce que je ne vais pas culpabiliser encore plus ?
C’est une peur fréquente.
Au début, changer ses habitudes peut effectivement réveiller la culpabilité. Mais cette réaction est souvent le signe que l’on sort d’un fonctionnement ancien.
Avec le temps et un accompagnement adapté, la culpabilité diminue parce que la mère retrouve de la cohérence intérieure.
Peut-on vraiment sortir durablement de la culpabilité des mères ?
Oui. Cela passe par une meilleure compréhension de ses mécanismes, de ses croyances et de son histoire personnelle.
Lorsque l’on cesse de confondre amour et auto punition, la relation à soi s’apaise… et la relation aux enfants aussi.
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